J’avais critiqué abondamment la nomination de Pierre Moscovici à la présidence de la Cour des Comptes au nom d’un principe simple.
Dans le droit public comme dans le droit privé, et selon des règles établies suite à des scandales et des abus de toutes sortes depuis des siècles, celui qui engage les dépenses ne peut pas être celui qui contrôle les comptes.
Pierre Moscovici a ainsi toujours refusé une étude approfondie des coûts et des résultats de la politique de l’offre engagée par le CICE lorsqu’il était ministre de l’économie.
Il a été plusieurs fois attaqué du fait de la proximité temporelle entre ses responsabilités ministérielles, à la commission européenne, et son rôle de contrôleur en chef des comptes de la Nation.
Au delà des critiques à son action personnelle, c’est bien la question de sa nomination qui se posait.
Or, la responsabilité unique et centrale est celle du président Macron.
La nomination de Madame de Montchalin à la cour des comptes est de la part du président encore plus irresponsable.
Madame de Montchalin n’est pas en cause : c’est lui, en la nommant, qui remet en cause un principe de base de comptabilité.
Elle sortirait grandie en refusant cette nomination.
Car le problème, c’est la nature même des fonctions qu’elle quitte, créant une incompatibilité de fonctions.
Ces incompatibilités existent tant dans le droit que dans les principes.
Macron a souvent érigé le privé comme modèle pour l’Etat.
Dans le privé, si une des grandes entreprises de conseil est le cabinet d’audit comptable d’un groupe, elle ne peut pas lui vendre de prestations de conseil stratégique ou opérationnel, justement pour éviter que le contrôlé devienne son propre contrôleur. Et régulièrement, les grands groupes changent de cabinet d’audit pour éviter que la relation créé dilue le mur nécessaire entre contrôlé et contrôleur.
C’est un nouvel épisode de la destruction des principes et des institutions républicaines de ce président.
Il aura tout fait pour rendre sa fonction monarchique, et en répétant comment la monarchie devint odieuse au peuple français.
C’est son bilan personnel si 76% des français ne font pas confiance aux institutions et partis politiques.
C’est sur cette méfiance des institutions – on le sait depuis Thucydide, Platon, Aristote, Polybe, mais aussi depuis Cicéron – que prospèrent les aventures populistes conduisant à la tyrannie.
Macron sera très durement jugé par l’histoire.
Madame de Montchalin pourrait y entrer avantageusement en refusant cette nomination irresponsable.





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