Chronique Libre de l’Humanité

Rendez vous au festival « les raisins de la pensée »

J’ai grandi, vingt ans, en bordelais, de l’école maternelle à Saint Médard en Jalles à l’institut d’études politiques de Bordeaux.

Les vacances scolaires se partageaient entre Agen et Nérac, les deux villes dont viennent les charpentiers de marine du côté paternel, les agriculteurs calvinistes du côté maternel, et la côte de Gascogne, du Porge à Capbreton.

Le nom de famille et le patrimoine génétique ancrent les origines au pied des Pyrénées, dans les bassins de l’Adour et de la Garonne. Nos ancêtres étaient là avant les Celtes ou les Romains.

Depuis octobre 2000, mon domicile principal est à Berlin.

J’ai, à l’échelle humaine, vécu plus longtemps en Allemagne que dans ma région d’origine.

Je ne serais cependant jamais « allemand ». Je m’identifie à l’identité berlinoise, et j’apprends toujours de nouvelles facettes des matrices profondes des identités allemandes.

Mais mon accent sera toujours là, je fais depuis la sixième les mêmes erreurs de grammaire en Allemand – les mêmes d’ailleurs que je faisais en latin aussi – et ma singularité professionnelle tient également à des comportements, des réflexes, des raisonnements issus de la matrice des identités héritées, à la France, à la Gascogne.

Une recherche paleogénétique émet l’hypothèse d’une des migrations humaines venues peupler les bas des Pyrénées et dont j’aurais la trace eut lieu il y plus de 7000 ans depuis les forêts des actuels Brandebourg et Thüringe.

Comme quoi, certains chemins sont des boucles.

Il ne me viendrait jamais à l’esprit d’en conclure qu’un droit immémorial me permet de chasser les populations actuelles de Gascogne ou de Prusse pour rétablir la promesse divine d’un héritage sacré.

Et dans l’histoire, si Aliénor a régné sur la France comme sur l’Angleterre, elle représentait l’empire angevin et non les basco-gascons. Il n’y a jamais eu de grandes alliances entre le duché d’Aquitaine et le duché de Prusse.

Le plus proche, peut-être, c’est lorsque Louis XIV, après le mariage à Saint Jean de Luz, fait découvrir la vallée de la Midouze à Marie Thérèse d’Autriche, la cour séjournant un temps autour du village de … Pouydesseaux, au nord de Mont de Marsan.

Ce weekend je suis à Morlanne, dans le Béarn, au pays des cadets de Gascogne et des cagots.

La Revue L’Audace organise avec le Pingouin alternatif un festival littéraire, les raisins de la pensée.

Affiche du Festival de l'Audace, intitulée Les Raisins de la Pensée, en partenariat avec Le Pingouin Alternatif, avec une illustration d'un château.

L’occasion d’humer de nouveau l’air des ancêtres.

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