Doux avec les riches, implacable avec les salariés: la coalition Droite-SPD
L’Allemagne, annonçant la combinaison d’un plan de relance financé par la dette publique, une politique de réduction des impôts des très riches, et des coupés drastiques dans les budgets sociaux et environnementaux, vient de franchir la marque de 3% de déficit budgétaire en équivalent PIB.

Après quatre ans de stagnation, dont deux ans de retard provoqués par le futur chancelier Merz refusant le plan de relance de Scholz et le faisant condamner au conseil d’État allemand, l’Allemagne paye cher la reprise très modérée d’une croissance toujours tirée par les exportations, et la commande publique.
Mais la droite restera toujours la droite.
Les 34 plus grandes transmissions de patrimoine des plus riches familles allemandes en 2025 ont bénéficié d’un cadeau fiscal de … 94%!
L’administration fiscale a fait cadeau de 3,7 milliards (!) d’impôts à ces 34 familles.
L’Allemagne a atteint un niveau record, aberrant, et obscène, de dons et de transmissions anticipées défiscalisées en 2025 !
C’est ainsi que des entreprises sont créés au sein de fondations avec comme administrateurs … des enfants.
Si l’administration fiscale, qui a mené un contrôle de ces donations et transmissions, avait appliqué le taux normal – celui que paye les allemands normaux, ceux qui vivent de leur salaire et des prestations auxquelles leurs cotisations donnent droit – le budget serait resté dans les clous de Maastricht.
En même temps, la droite a arraché au SPD d’aller suspendre la retraite à 63 ans pour les carrières pénibles et ceux qui ont commencé à travailler à 16 ans. C’est censé ramener 9 milliards au budget.
D’un côté, 34 familles se transmettent des bateaux de luxe, de l’immobilier, des actions, pour 3,7 milliards de cadeaux fiscaux.
De l’autre, 250 000 salariés ayant déjà travaillé et cotisé 45 ans sont priés de continuer de travailler 4 ans.
La colère des classes sociales, des milieux, des territoires contre leurs élites berlinoises est considérable.
Dans les sondages, l’extrême droite en profite plus que la gauche radicale : c’est malheureusement là aussi un problème connu de l’histoire.
La relance allemande pourrait tirer vers le haut le pays et l’Europe.
Mais les vieux paradigmes tirent tout le monde vers le bas et la catastrophe démocratique.