140 000 évacuations
Le feu s’approche de la rocade de Bordeaux.
Saint Médard en Jalles, où j’ai été en école maternelle et première classe de primaire, avait été endeuillé par l’incendie près de l’aéroport, et devient un centre de réfugiés.

Le feu a avalé l’équivalent de deux fois la superficie de Paris, ravageant la Gironde et les Landes.
Le gouvernement exige de l’armée d’employer un avion hâtivement transformé en porteur d’eau. On espère que la solution technique apportera un soulagement tactique.
Les médias et les réseaux sociaux allemands et hollandais sont remplis de témoignages de vacanciers subitement réfugiés dans les casernes de la zone militaire du CEL.
Beaucoup ont dû abandonné caravanes et tentes.
Le parking de Biscarrosse plage, protégé par le vent qui pousse le feu non vers la mer mais vers la ville, est devenu un camp de réfugiés.
Les tristes comptables de l’administration ont pris le pouvoir sous Macron. Ils ont décidé qu’il fallait désarmer l’Etat et subventionner sans fléchage ni conditions ni contrôles les propriétaires de capitaux.
Depuis dix ans au moins, mes amis politiques critiquent l’inconscience de ces politiques.
Et nous n’avons pas seulement critiqué les mesures prises favorisant un mercantilisme globalisé à base d’énergies fossiles.
Nous avons aussi critiqué le désarmement des capacités de prévision et celles de réaction.
Macron a tout désorganisé, avec la complicité des comptables des cours des comptes, des énarques de Bercy, et les lâchetés du conseil d’État et du conseil constitutionnel.
Le résultat, c’est que malgré les prévisions faites, les pompiers, les forestiers, les climatologues, et les projets d’investissement pour préparer la France au climat qui vient ont vu leurs budgets réduits, leurs structures bouleversées, leurs actions entravées.
Ce qui se passe n’est pas un « fait de Dieu » tragique.
C’est la conséquence d’une irresponsabilité politique.
Le coût des incendies est déjà bien plus élevé que les économies de bout de chandelle que les Édouard Philippe, les Gabriel Attal, les Lecornu, sont allés chercher, souvent avec l’appui du RN.
Car le parti qui prétend au pouvoir en mai 2027 a accompagné par idéologie sectaire le chemin du désarmement climatique.
Les lois Duplomb ou « d’urgence agricole » ne traitent aucun des points essentiels pour l’avenir. Ce sont des drapeaux de ralliement idéologique servant les intérêts des très grands propriétaires fonciers et des sociétés de transformation agroalimentaire. Le RN n’aide pas le petit paysan, en voie de disparition, mais Danone et Lactalis, Leclerc et Auchan.
Le RN a prétendu longtemps que les alertes climatiques étaient du « catastrophisme » d’élites bourgeoises parisiennes déconnectées du pays.
Ils ont, c’est l’une des forces de leur récit politique, assimilés les experts scientifiques aux écologistes, et les comptables budgétaires aux normes écologistes.
Ils ont aussi désigné LFI comme un diable bondissant voulant mettre le feu au pays.
Le feu est là. La catastrophe se déploie.
Le RN se tait. On ne les entend plus, ces gens qui prétendent être l’antidote à Macron, mais qui votent avec lui à l’assemblée, qui bénéficient de la mansuétude de ses procureurs, et même, de l’empressement du gouvernement à garantir des prêts bancaires que leur financement public pourtant devrait rendre inutile.
Où dépensent ils leur argent ?
Au gouvernement, on entend le ministre de l’intérieur, l’armée, et Matignon. La ministre de l’environnement, ectoplasme ridicule, a achevée le chemin vers l’inexistence qu’elle avait quitter imprudemment en acceptant sa nomination, en acceptant le refus de sa démission…
On entend pas la gauche non plus. Celle-ci est encalminée dans un marais dégoûtant, les jambes prises dans la boue de l’antisémitisme et les asticots de la violence, en décomposition biologique avancée, l’odeur pestilentielle de ses tristes polémiques sectaires repoussant l’électeur.
Qui parle de la France, des français, des souffrances et des espoirs pour notre pays ?
Personne dans l’univers politique contemporain.
Mon « pays » brûle et j’en suis en colère.
J’ai vu venir les catastrophes – il y a 14 ans je les prévoyais très exactement.
Au fond de tout se trouve la compréhension des structures économiques et foncières. Tout part de là et y revient.
Toutes les « batailles culturelles » des 15 dernières années n’ont obtenu qu’un seul résultat : occulter les causes profondes des catastrophes répétées de notre histoire récente.
Crise financière, COVID, grands incendies dans le monde, accélération du climat, guerres classiques, hausses des prix de l’énergie fossile, inflation d’aubaine des propriétaires de capitaux se refinancant sur le dos des salariés et des consommateurs, nouvelle guerre : tout cela a des sources dans le fonctionnement de notre système économique, et non dans des « batailles de civilisation » ou des « enjeux culturels ».
Ceux-ci habillent la voracité des classes les plus riches de la terre, quel que soit d’ailleurs leur culture de naissance, leur religion, leur couleur de peau.
Colonisation, esclavage et capitalisme ne sont pas exclusifs à une race, mais à une classe.
On le voit en Inde, en Arabie Saoudite, et même en Chine communiste. Quant au pillage de l’Afrique, les élites africaines sont ici complices des milices russes ou chinoises.
Les feux qui ravagent les anciens marais où mes ancêtres sont plusieurs fois passées n’ont pas été déposés là par la Providence malheureuse, mais par un système économique.
L’incapacité d’en prévoir l’irruption est celle d’un pouvoir politique ayant porté la procrastination et le déni au summum de l’irresponsabilité.
Mais qui les a tenu comptable ? Pas ceux qui n’ont eu que la mobilisation des classes urbaines populaires avec le drame de Gaza, pas ceux qui ont perdu le contact avec le peuple en refusant l’idée même de climatisation, pas ceux qui ont conçu et conduit les politiques publiques à l’origine du macronisme sous le hollandisme, et encore moins celles, prétendument patriotes, corrompues par l’étranger, niant la réalité des menaces et protégeant les intérêts des grandes fortunes.
Il est temps de tout balayer.