Chronique Libre de l’Humanité

La corruption

Je reviens sur ce sujet.

La corruption est au cœur du fonctionnement mondial.

La coupe du monde de football est souvent une parabole du monde réel. C’est pourquoi il est si fascinant de la suivre.

Rarement une compétition aura été aussi ouvertement achetée. Rarement l’organisation de la FIFA aura été aussi ouvertement partiale.
On protège d’abord les désirs de Trump, puis ceux de l’Argentine.
Un joueur nord américain a vu sa suspension pour un carton rouge suspendue sans raison sportive.
Un arbitre incompétent a été nommé pour arbitrer Paraguay – France et le monde entier critique aujourd’hui sa performance. Bouc émissaire de manquements structurels, le voilà confronté à des demandes de suspension par des fédérations nationales. L’erreur était pourtant à l’organisation, nommant un arbitre sans expérience à ce niveau.

Le tirage au sort des tableaux à élimination directe a été amplement commenté.

La corruption, c’est aussi accepter les conditions de visas des pays d’accueil pour les organisateurs et les joueurs, perturbant des sélections considérées comme ennemies militaires.

La corruption de la Coupe du monde n’empêche pas la passion des peuples pour son déroulé.
Les joueurs sur le terrain construisent en 100, 120, 150 minutes parfois, des drames antiques où les vertus et les vices de l’humanité se donnent à voir.

Et le théâtre corrompu de la FIFA correspond au cadre de production, de consommation, et de médiatisation corrompu du monde contemporain.

Ce n’est pas un dérèglement, la corruption. C’est la nouvelle règle du monde.

C’est d’ailleurs, avec le nihilisme qui rends toute réflexion morale vaine et même « démodée », l’un des marqueurs du basculement dans des sociétés sans État de droit ni règles communes. Cette absurdité est l’un des marqueurs des régimes de dictature, des fascismes.

Trump est Mussolinien dans sa démesure grotesque. Il est aussi théoricien de la corruption légitime. Il a ainsi célébré ses fils pratiquant le délit d’initié – « ils adorent ça » – pour les 250 ans de l’indépendance des États Unis d’Amérique.

On est également revenu au niveau d’inégalité des années 1890 – les années des « barons brigands », des milliardaires propriétaires de grands groupes quasi monopolistiques capables d’acheter des élections, de dicter des lois, et de mettre leurs « Trusts » au dessus de ces lois.

Il n’y aura pas de combat possible sans désigner la corruption. Ce n’est pas un symptôme ou une conséquence malheureuse.
C’est le moteur du système économique actuel.

Et la corruption a cet effet pervers puissant : le pacte de corruption lie les destins personnels. C’est ce que Epstein avait bien compris. Plus il mouillait du monde dans ses réseaux, plus il créait des dépendances.
Aujourd’hui, il n’irait pas en prison, il serait gracié au milieu d’une cohorte de corrompus et de pedo criminels.

La corruption de la classe politique française est à la fois profonde, Olivier Marleix ne l’a plus supporté, et dissimulée par la plupart des médias, y compris par les adversaires politiques. Peu de scandales ont des conséquences politiques. Il faut que la justice condamne pour qu’un corrompu daigne surseoir un temps aux feu de la rampe – avant de revenir, bien sûr. Les dépendances des multiples pactes de corruption sont comme des millefeuilles impénétrables. Mais on déguste la pâtisserie avec avidité, et, les bouches grasses et sucrées, l’élite parisienne se pardonne sans façon, s’accorde entre croyants de la même religion nihiliste des indulgences éternelles.

Il y a pourtant un appétit populaire pour l’honnêteté. C’est le paradoxe : on veut gagner un match avec la manière, on est révolté par l’injustice d’un arbitrage corrompu, et l’on suit quand même des filous.

Le FN avait fait des « mains propres » un slogan de campagne, capitalisant sur l’écoeurement de la corruption auprès des Françaises et français. Le RN a choisi de s’intégrer à un système de corruption et prévoit de se gracier lui-même une fois au pouvoir.

Mais je crois que les français n’aiment pas ce système.

Simplement, personne n’expose la nudité de celui-ci et le ridicule de son maintien avec la simplicité d’un enfant.

C’est toujours trop compliqué. Ça fatigue.

La corruption pourtant c’est simple : c’est rétablir le système des privilèges que nous avons fait sauter – montrant l’exemple au monde entier – un 4 août 1789.

Rien n’est plus anti patriotique que la corruption.

La corruption est au coeur des agendas politiques de l’offre.

Toujours.

C’est le sens de ces politiques de privilégier les entreprises en monopoles, les systèmes de punition et de contrôle des dissidences, et pousser à l’irresponsabilité devant la loi.

Cette faillite morale est au cœur des politiques économiques menées depuis le milieu des années 70.

La crise de la démocratie des années 2016-2026 n’est pas un surgissement.

C’est un aboutissement.

Et l’aboutissement c’est la corruption.

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