Chronique Libre de l’Humanité

Rien ne justifie les réformes antisociales du gouvernement Merz en Allemagne.


Toutes les professions de santé sont contre l’obligation d’un certificat médical dès le premier jour d’arrêt maladie :
1.
les cabinets sont déjà surchargés de travail bureaucratique et ne peuvent pas le faire,
2. Cela va conduire à une explosion des contaminations sur le lieu de travail
3. Alors qu’il n’y a pas statistiquement de réelle explosion des congés maladies en Allemagne.

Rien ne justifie le démantèlement des protections des salariés face aux licenciements et aux contrats déterminés.

Le chômage repart en Allemagne d’un niveau bas (passant de 4,5 à 6,5) parce que l’activité économique est faible, et non parce que des « oisifs profitent du système ».
Merkel dans les années 2013-14 cherchait aussi des boucs émissaires chez les migrants européens – moi – en parlant de « tourisme social » lorsque c’est son stupide traité budgétaire européen qui avait déclenché une récession en Europe. (Le mot « stupide » est de Timothy Geithner, alors ministre de l’économie de Obama, à la lecture des plans de Merkel, Sarkozy et Cameron).

Le principal moteur de l’activité, la demande intérieure, est atone.
L’échec d’un système fondé sur le mercantilisme n’est toujours pas acté et n’entraîne aucune adaptation structurelle en production et en échanges commerciaux internationaux.
Les politiques promettent des centaines de milliards de relance par l’investissement public, mais la réalité, c’est que les investissements réalisés ne le sont que dans la défense, et ne changent rien à la situation macro économique.

Merz veut aussi introduire un énorme volet – obligatoire – de capitalisation des retraites.
1. Ça va rapporter des centaines de milliards à son ancien employeur Black Rock
2. Ça ne répond en rien à la crise démographique allemande.
Soit l’Allemagne trouve le chemin d’une politique pro naissances, et donc réduit le taux d’activité des femmes et des seniors pour permettre par la solidarité familiale et transgenerationelle la garde des enfants, et réduit le coût des logements, soit l’Allemagne doit maintenir un haut niveau d’immigration d’adultes prêts à travailler (400 à 500 000 par an d’après le syndicat patronal).

Notons que les réformes de l’assurance chômage, du droit des travailleurs, et de l’assurance maladie visent également à empêcher une hausse des salaires. Si le chômage augmente, paradoxalement, la pénurie de main d’oeuvre est toujours là.

Mais le gouvernement comme le patronat ne veulent surtout pas augmenter les revenus salariés.
La peur irrationnelle, c’est qu’une hausse de la consommation des salariés entraînerait une baisse des excédents commerciaux, lorsque 15 ans d’excédents à plus de 5 points de PIB ont appauvri les allemands et créer les problèmes structurels d’aujourd’hui.

Par ailleurs, l’Allemagne est tout aussi vulnérable et nullement préparée au changement du climat accéléré en Europe, aux risques de guerre continentale, au basculement des États Unis dans la dictature en novembre.

Alors la droite chrétienne et les « sociodemocrates » font semblant de maîtriser le cour du monde en tapant sur les catégories sociales qui n’ont pas profité des 15 années de prospérité mercantile.

La colère est sourde et profonde. L’extrême droite va en profiter massivement.

Que le SPD soit complice de tout cela est même pour moi, qui vous a alerté sur ces problèmes depuis 15 ans, une déception, et un mystère.

Comment peuvent-ils croire une seconde survivre comme organisation et comme élus à une telle capitulation ?

Ils seront balayés. Et si l’AfD emporte des majorités absolues dans deux régions en septembre, la coalition chutera.

J’ai écrit dans Revue « L’Audace » un article ai titre « le crépuscule des Deutsch. »



Des échanges avec d’autres observateurs et observatrices éclairées de l’Allemagne m’avait fait douté de mon pessimisme. Peut-être que je n’accorde pas assez d’importance à ces communications sur des plans de relance?

Mais, depuis les annonces des réformes antisociales dans tous les domaines de ce gouvernement, je pense que je n’étais pas encore assez pessimiste pour mon pays de résidence.

La crise cependant peut prendre un chemin violent.

La colère qui me remonte de tous les secteurs sociaux est énorme, et, comme toutes les montées de colère très dangereuses, encore muette. Pas de grande manifestation, de grèves.

Le potentiel de violence est certes amoindri par la moyenne d’âge de la société allemande.
Il n’est pas nul.

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