
Le gouvernement Merz a déclenché une vague de colère et d’angoisses dans la classe moyenne et les classes populaires avec un plan de coupes massives dans l’aide sociale, l’aide aux handicapés et au grand âge, les coupes dans les budgets sociaux et médicaux.
J’ai des amis travailleurs sociaux, psychologues ou professionnels du grand âge : les plans créent une grande insécurité financière pour toutes les familles avec des personnes âgées, malades ou démentes, pour toutes les catégories voyant les assiettes de calcul des aides dramatiquement restreintes. S’y ajoutent de nouvelles attaques contre l’âge de départ en retraite et les indemnités chômage.
Résultat
L’extrême droite à 29% est très loin devant le parti de Merz (20%) et le parti social-démocrate au gouvernement est en passe d’être dépassé par les Linke dans l’opposition.
Le total gauche est de 38%.
Trois régions votent en septembre – L’AfD pourrait emporter la majorité absolue dans au moins une.
Et Merz et son gouvernement considèrent que toutes ces critiques, ces angoisses, ces colères, sont « mal informées » et les réformes « indispensables ».
Alors même que 500 milliards sont supposés être investis par un fond structurel dont le seul secteur à avoir vu un peu d’argent c’est l’armée et les armes.
Vous me direz « mais le programme de l’extrême droite c’est pas les programmes sociaux »
Et je vous répondrai : la colère ne lit pas de programmes.
La CDU connaît des tensions internes : des voix commencent à évoquer une collaboration avec L’AfD.
On assiste au même phénomène qu’a connu le parti républicain avec MAGA, ou LR et la macronie dans l’actuelle assemblée nationale.
Quant au parti de Sahra Wagenknecht, c’est sans doute une énorme déception de ma vie politique en Allemagne.
Créé autour d’un agenda matérialiste, économique et social, le parti a dérivé vers une obsession pro Russe et anti Ukraine. S’est ajouté une critique de la politique migratoire, l’abandon du volet économique ou social, et un vote avec L’AfD au Bundestag.
BsW s’est ainsi mis à l’écart du front antifasciste et a manqué de très peu les 5% pour rester au Bundestag.
Depuis, BSW envisage même de permettre l’accès au pouvoir de L’AfD dans certaines régions.
C’est un échec moral et politique. Loin de réaliser les espoirs de classes cherchant un nouveau véhicule politique pour exprimer leur colère face aux inégalités matérielles, BsW vivote entre 3 et 4%. La plateforme initiale pourtant suscitait l’intérêt de 18% des allemands à sa fondation.
Les Linke se sont recentré après le départ de Wagenknecht sur les questions économiques et sociales, et sur l’opposition absolue à L’AfD. Donnés moribonds en 2024 – et même sous les 5% dans les sondages – ils ont bénéficié d’un rebond inédit dans l’histoire allemande.
Ils pourraient dépasser le SPD en cas d’élection anticipée.
Notons qu’à la CDU, les résistances à une collaboration, au Bundestag, avec les Linke sont plus grandes qu’avec L’AfD.
La crise politique, conséquence des contradictions économiques et sociales profondes du modèle allemand, rejoue des scénarios déjà observés tant dans l’histoire que dans d’autres démocraties à l’époque récente.