En Allemagne, le bureau d’ingénieur et de développement IAV, une filiale de Volkswagen, annonce supprimer son bureau de Berlin et 1300 emplois.
Les salariés se voient proposer un reclassement à 150 kilomètres de leur domicile. C’est une proposition non sincère, bien sûr.
La population active en emploi s’effondre. Le chômage progresse alors même qu’avec la crise démographique le nombre de jeunes arrivant sur le marché décroît.
La fameuse « pénurie de main d’oeuvre qualifiée » qui justifiait une immigration de travail importante – et une politique de « réduction des coûts » du travail – se révèle d’une grande myopie dès lors que la demande intérieure reste déprimée.
Vous entendrez peu parler de la profondeur de la crise allemande sur BFM, Cnews, LCI, ou les chaînes publiques.
C’est que sur le papier, pour les spécialistes économiques de ces médias, l’Allemagne fait tout comme il faut depuis plus de vingt ans.
Ils adoreraient voir la France faire comme l’Allemagne.
Je vous ai expliqué ici depuis 2018, et sur d’autres médias depuis 2011, combien ce modèle, miroir aux alouettes, était un supplice pour le peuple allemand. Il n’a rien vu en récompense des sacrifices demandés.
Seule une petite minorité s’est enrichie au-delà du raisonnable.
Mais c’est aussi un échec industriel et commercial global.
Résultat : les comptes publics se dégradent, bien sûr.
Mais là encore, ni madame Bastié ni monsieur Lenglet ne pourront vous expliquer pourquoi.
Je vous propose six points de données.
En tendance glissée sur trois mois, la chute du nombre d’actifs en emploi en Allemagne dépasse celle des grandes récessions.

D’après l’OCDE, le salarié allemand est plus touché par les prélèvements obligatoires que le français.
Dans la région de Saxe Anhalt qui vote début septembre, l’extrême droite est sur le point d’atteindre un score garantissant une majorité absolue au parlement régional.
D’après l’OCDE repris par le Financial Times, l’Allemagne a connu la désindustrialisation la plus rapide sur dix ans.
Enfin, depuis 1977, alors que la productivité en Allemagne a progressé de 220 à 444%, soit plus que doublée, les salaires n’ont progressé que de 200 à 290. En 50 ans, le décrochage est considérable.
La différence explique à la fois les très hauts niveaux d’excédents commerciaux allemands, et aussi, le grand déclassement des salariés allemands, qui n’ont rien touché de l’augmentation de la productivité.
En conséquence, l’Allemagne a plus de pauvreté que la moyenne de l’OCDE.
Rapport sur la pauvreté des organisations caritatives religieuses
Beau modèle…