Les États-Unis restent un modèle pour beaucoup d’économistes français.
Une lettre financière à laquelle je suis abonné a cependant tiré la sonnette d’alarme : le niveau d’inégalité et de concentration des richesses depuis 50 ans dans ce pays dépasse les records précédents.
C’est au dessus de la période appelée des « barons brigands » (1880-1905).
La conclusion :
50% de la population américaine (les salariés) a vu sa situation patrimoniale devenir négative : leur dette privée dépasse la valeur de leur capital et épargne.
Les seuls à avoir gagné sur 50 ans – depuis 1976 – sont les détenteurs de capitaux.
Pour illustrer ce propos, j’ai joint le tableau de la publication initiale, un autre tableau statistique sur l’évolution de la fiscalité et une caricature des années des « barons brigands », remplacés aujourd’hui par Musk, Thiel, Bezos, Ellison etc.

L’évolution de la fiscalité est l’un des outils de redistribution des revenus du travail vers l’accumulation du capital.
La conséquence, c’est que les États-Unis ont un niveau de déficit public et de dette publique aujourd’hui supérieur à… La France.
Traduction du texte original :
« Les inégalités de richesse aux États-Unis n’ont jamais été aussi marquées :
Le patrimoine réel des 0,001 % des ménages américains les plus riches a augmenté de 3 500 % depuis 1976.
Parallèlement, le patrimoine corrigé de l’inflation des 0,01 % et 0,1 % les plus riches a bondi respectivement de 2 200 % et 1 200 %.
À titre de comparaison, le patrimoine moyen des ménages n’a progressé que de 200 %.
De ce fait, on compte aujourd’hui environ 430 000 ménages dont le patrimoine s’élève à 30 millions de dollars ou plus, et environ 74 000 d’entre eux possèdent un patrimoine supérieur à 100 millions de dollars.
Parallèlement, près de 72 % du patrimoine des 0,1 % les plus riches est concentré dans les actions, les fonds communs de placement et les entreprises privées.
Pour mettre les choses en perspective, les 50 % des ménages américains les plus modestes ont accumulé plus de dettes que d’actifs pendant près de deux décennies. Leur patrimoine moyen est redevenu positif après la pandémie de 2020, grâce aux aides financières et à la hausse des prix de l’immobilier.
Seuls les détenteurs d’actifs en sortent gagnants. »