Chronique Libre de l’Humanité

La Kommandantur de Sachsenhausen

J’aurais aimé participer aujourd’hui à la manifestation de lutte contre les harcèlements sexuels numérique, les deep fake, et montrer ma solidarité avec Collien Fernandes.
C’est à 16:00 porte de Brandebourg à Berlin.
J’ai déjà écrit ici sur ce sujet.

Ce dimanche de mars cependant est traditionnellement le jour de ma visite annuelle au camp de concentration de Sachsenhausen.
Cela fait presque vingt ans que je m’y rends, généralement à vélo.
Car Sachsenhausen est dans la banlieue de Berlin, pas du tout dissimulé aux allemands de l’époque.
C’est là qu’est installé l’inspection générale du système concentrationnaire, qu’on teste les techniques de torture, d’humiliations, de meurtres de masse, de crémation des victimes.
On y conduit des délégations de polices d’autres pays, qui viennent prendre des notes. Le Japon, l’Espagne, l’Italie et d’autres visitent le camp.
On y fait régulièrement des reportages de propagande, les images sont ensuite publiées dans la presse allemande et internationale.

C’est aussi un camp de résistance : les déportés vont développer plusieurs tactiques et stratégies pour résister, pour garder leur dignité, pour témoigner.

8000 français y ont été déportés, torturés, tués.

Toutes les catégories détestées sont représentées dans les victimes : élus socialistes et communistes, syndicalistes, prêtres réfractaires au régime, témoins de Jéhovah, juifs de toute nationalité et toute classe, homosexuels, prisonniers de guerre russes, britanniques, norvégiens, luxembourgeois, mineurs français ayant lancé la première grande grève contre la collaboration en avril 1941, dissidents et même officiers SS trop ouvertement corrompus…

Chaque fois, je découvre une dimension, un lieu, un aspect que j’ignorais.

Cette fois, ce fut la maison de la Kommandantur.

Reportage en image

Quitter la version mobile