Chronique Libre de l’Humanité

Le lancement de l’Audace

Hier soir, dans un bistro parisien, les quatre mousquetaires, menés par Natacha Polony, ont invité les contributeurs au lancement officiel de cette aventure hardie la Revue l’Audace ! Déjà plus de 3500 abonnés !

Natacha Polony hier soir pour L’Audace

Les quatre mousquetaires – Natacha Polony et Frédéric Cassegrain lançant l’étincelle il y a neuf mois, votre serviteur joignant l’aventure en avril, Rafael Schmidt en juin – sont en réalité cinq, avec Gérald Andrieu, et finalement, toute une compagnie !

Natacha a rendu hommage à toutes et tous, arrachant à mes joues un écarlate de bon aloi lorsqu’elle fit les éloges du blog que vous lisez.

C’est sa volonté, son énergie, sa détermination audacieuse qui nous ont tenu tout au long de cette aventure ! Quelle en soit remerciée.

Natacha, Gérald, votre serviteur, en discussion tard dans la soirée
J’ai grandi dans une famille où la presse joue un rôle. L’ours, je connais depuis l’enfance.

Frédéric Taddei, à qui je fus présenté, me toisa et me dit « si vous êtes les mousquetaires, vous êtes Porthos ». Un géant loyal, ça me va. C’est mieux que d’être Bonacieux en se prenant pour Mazarin.

Gérald Andrieu a joué un rôle déterminant dans ma participation à cette aventure. Sans son travail herculéen, cette revue n’aurait pas pu sortir. A chaque fois qu’on se voit, je m’incline devant lui.

Notre graphiste est incroyablement talentueux ! Bryce Davesne nous a aidé à accoucher le choix de la typographie, et conçu une première couverture sensationnelle.

Il y a tant de personnes indispensables, Marina, Julia, Joséphine, Nora, mais aussi Emmanuel, Romane, Samuel!

Nous avons renoué avec la création des titres de presse républicains du XIXÉME siècle : la souscription publique. Par un effet de mode, on appelle cela aujourd’hui « le crowdfunding » ou « financement participatif ». Grâce à la plateforme Ulule, la revue a trouvé plus de 11 000 lectrices et lecteurs avant même d’exister !

Notre projet met l’idée de produire au cœur d’un relèvement de la France et de l’Europe. J’ai été particulièrement sensible hier soir aux échanges avec les représentants des Forces Françaises de l’Industrie, Gilles Attaf, la famille Robin luttant pour maintenir la tradition textile en France. Les FFI ont annoncé en octobre s’engager à nos côtés.

Nous étions toutes et tous, au moment de l’arrivée des premiers numéros au premiers abonnés, habités du même trac que les acteurs avant la première au théâtre. La Revue allait-elle délivrer sa promesse ?

Et les premiers retours nous ont rassurés ! Notre audience nous dit aimer l’objet et son contenu, et c’est bien là l’essentiel.

L’ami Nicolas Ravailhe, un des premiers à m’encourager à aller dans l’aventure, et l’un de nos premiers contributeurs, me disait hier soir « Cette revue fait tellement de bien à l’esprit ! »

C’est la plus belle chose qu’on puisse nous dire.

Natacha cite dans son éditorial trois grandes figures de l’action : Danton bien sûr, à qui nous empruntons la devise pour nous nommer, Jean Jaurès et Charles Péguy.

Danton, le 2 septembre 1792, tonne un discours de mobilisation face à des énergies se dissipant dans le rêve des paix capitulardes. Le roi avait poussé à la guerre, et l’Autriche semblait sur le point de la gagner. Le maréchal de Brunswick avait annoncé vouloir exterminer les parisiens jusqu’au dernier. Danton appelle la Nation à « de l’audace » encore et toujours, « et la France est sauvée ! » Si vous suivez ce blog, vous savez à quel point je déteste la pusillanimité.

Péguy, qui fut libraire – associé à Lucien Herr et Léon Blum – quitte la légendaire Revue Blanche pour créer sa propre revue, les Cahiers de la Quinzaine. Socialiste, dreyfusard, un temps anticlérical – il est l’auteur de la formule des hussards noirs de la République – il est également patriote, et meurt au front le 5 septembre 1914.

Jean Jaurès a été orateur à la tribune parlementaire, créateur de titres de presse – l’Humanité existe toujours – et lui aussi combattant courageux jusqu’au bout, assassiné par un opposant à ses idées le 31 juillet 1914.

Nous ne nous souhaitons pas des destins tragiques. Et hier soir il y avait beaucoup de joie, de fête, des rires et des sourires.

Mais nous comprenons bien que le moment lui peut devenir tragique.

Rien n’a de fatal ! Nous devons mobiliser les « forces de l’esprit » et grâce à elles celles de l’action, de la production. Et alors, nous serons sauvés !

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