Les marchés financiers sont au bord d’un gouffre.
Il y a plusieurs causes simultanées :
1. Depuis plusieurs semaines, un sentiment domine aux États Unis : la bulle spéculative sur les valeurs de l’intelligence artificielle va exploser.
En début de semaine, un des investisseurs les plus influents, le technolibertarien Peter Thiel, a liquidé ses positions.
Malgré mercredi des résultats records du géant informatique NVIDIA son cours s’est effondré jeudi.
2. Le shut down budgétaire – c’est-à-dire la mise en cessation de paiement de l’état par l’autorité parlementaire refusant d’accorder des crédits budgétaires – américain qui vient de s’achever créé de l’incertitude.
Le bureau des statistiques vient de publier les chiffres de l’emploi de septembre – meilleurs qu’attendu – mais ne pourra pas publier octobre et novembre avant la mi décembre à cause du shutdown.
La banque centrale américaine doit donc prendre une décision sur les taux en information asymétrique.
Ça renforce le flou des marchés qui espèrent une baisse des taux.
Mais les signes d’une inflation toujours forte et d’une reprise de l’emploi pourrait conduire au maintien des taux actuels. En nervosité des marchés, cela pourrait accélérer la panique.
3. La sphère des Bitcoins et crypto monnaies montre des signes rappelant les schémas de Ponzi. David Cayla en a fait une lumineuse analyse, où il conclut que ce système n’étant assis sur aucune valeur produite, logiquement, n’a pas d’autre valeur que le sentiment de ses participants. (J’ai profondément raccourci son propos, critiquez ma simplification).
4. Le Japon est aussi en crise financière : inflation et incertitude géopolitique face à l’agressivité de la marine chinoise entraînent une hausse des taux dans un pays ayant choisi la déflation démographique et refuser de la compenser par l’immigration.
Notons que la nervosité est entièrement du à des valeurs privées.
La dette publique ne joue un rôle que dans la crise japonaise.
5. l’Europe a de très nombreux atouts pour rester éloigné de cette crise financière et pour s’en sortir.
Il suffirait de mobiliser notre épargne par l’investissement plutôt que de la laisser investir aux États-Unis.
Mais voilà, des apprentis sorciers veulent gager au pire moment de la dette publique sur les Bitcoins, concluent des accords prévoyant 500 milliards d’épargne européenne offerte aux États-Unis, et conduisent des politiques de consolidation budgétaire en période de besoin de relance.
De toute manière il y a toujours un signe imparable de crash financier : s’il n’y a plus que les allemands qui achètent les actifs que le reste du monde vend.
Je m’en était fait l’écho : l’analyse des rendements des investissements internationaux entre Nations depuis 1987 classe l’Allemagne en … Troisième division.
Ou comme le dit un dialogue du loup de Wall Street au moment de la grande liquidation :
« Qui achète encore ? … Düsseldorf! »
Les marchés au bord du gouffre

