Les pro Poutine en sont persuadés : l’Otan voulait la guerre avec la Russie, l’intervention militaire, en 2014, en 2022, était de la légitime défense.
Des militants d’extrême droite expliquent que l’Ukraine étant dominée par l’extrême droite, il fallait que la Russie intervienne.
Tous, gauche radicale comme extrême droite, voient dans le soutien à l’Ukraine le mouvement d’agression de l’Otan au service d’intérêts inavouables.
Cette argumentation reprise sans grande réflexivité passe toujours sous silence l’alliance énergétique de l’Europe néolibérale, au nom du mercantilisme allemand, avec la Russie de Poutine.
Le gouvernement Fillon sous la présidence Sarkozy – qui a multiplié les trahisons de notre Nation – avait même soutenu le projet de pipeline pétrolier et gazier que les allemands et néerlandais comptaient utiliser pour détruire l’avantage énergétique français et plumer l’industrie française.
Le dirigeant néerlandais qui ouvre North Stream avec Medvedev, Merkel et Fillon, Mark Rutte, est depuis le … patron de l’Otan.
Même les écologistes allemands ont construit tout leur plan stratégique de sortie du nucléaire d’abord puis du charbon ensuite sur … l’abondance d’un gaz naturel pas cher en Russie.
Le contrat de coalition SPD-Vert-Liberaux de l’automne 2021 – il y a à peine 4 ans – prévoit une accélération de la sortie du charbon et du nucléaire en multipliant par trois les volumes de gaz importés de Russie.
Angela Merkel a été plusieurs fois interrogée sur son alliance avec la Russie, sur son amitié pour Orban, son choix géopolitique des alliances et contrats avec la Turquie de Erdogan, avec la Chine, plutôt qu’avec la France ou les pays d’Europe du Sud.
Elle l’a dit, elle l’a écrit dans ses mémoires : elle ne regrette rien à sa politique pro énergie fossile russe.
Car, rappelle t’elle toujours « c’était le gaz le moins cher ».
La posture morale allemande en Europe est intenable pour deux raisons.
La première, la principale, c’est que le mercantilisme allemand, subordonnant toutes les politiques européennes au maintien des excédents commerciaux allemands, a échoué. En refusant une expansion de sa demande intérieure, l’Allemagne a conduit une politique économique comparable à celle de … Ceaucescu en Roumanie dans les années 80.
La déflation a été l’obsession de Merkel, au détriment de l’investissement et du pouvoir d’achat des européens, des allemands.
La seconde, c’est que cette déflation ne fonctionne qu’avec une énergie abondante venue d’un pays autoritaire et impérialiste qui finance sa politique avec l’argent allemand.
L’obsession de Merkel, du SPD, des Verts, pour « le pas cher », entraîne la chute des investissements allemands en Europe et en France au profit de la Chine, la Turquie, des pays autoritaires.
Lorsque, suite au COVID, les industriels allemands s’inquiètent de la Chine, les investissements ne vont pas en Europe, mais aux Etats Unis – bien avant l’accord Trump-von der Leyen.
C’est la combinaison de ces deux blocages rétrécissant l’Europe qui disqualifie l’Allemagne de Merz.
Et c’est pourquoi, si la classe politique française n’était pas si médiocre et écoeurante, du RN aux Insoumis, la France pourrait prendre le leadership européen – que dis-je, le devrait !
Notre perspective doit être celle de l’investissement – pas d’une énième déflation à coup de coupes des dépenses publiques et de coupes des retraites.
Si Merkel la mercantile a plombé l’Europe – et l’Allemagne, en s’associant avec Poutine, lui a donné l’impression qu’il pouvait annexer l’Ukraine sans craindre de sanctions allemandes – et si Macron a rapetissé notre pays, il n’est jamais trop tard pour réagir.
Mais les partis pro russes qui s’imaginent l’Otan comme l’arme cohérente d’une volonté occulte ne sont pas qualifiés pour cela.
Depuis Trump, l’OTAN est un Zombie.

