Chronique Libre de l’Humanité

Une autre politique

Je souhaite à la fois féliciter la proposition budgétaire du parti socialiste de proposer une alternative sérieuse, et d’avoir échangé avec les banques et les agences de notation sur leurs attentes, et en même temps le mettre en garde contre la répétition d’une erreur.

Philippe Brun a notamment défendu les propositions du PS dans un entretien à Marianne.

J’approuve complètement l’analyse selon laquelle les détenteurs de dette publique n’attendent pas une politique de « sang et de douleur » mais une politique prévisible avec une trajectoire réaliste.

Le budget Bayrou, récessif, inutilement violent, ne pouvait remplir l’objectif annoncé. De plus, les gouvernements sous Macron sont chaotiques, sans cohérence sur la durée. Ils ont épuisé leur crédibilité internationale.

J’approuve aussi les éléments sur la justice fiscale nécessaire et préalable à tout consentement populaire à l’impôt.

Mais je mets en garde le Parti Socialiste (PS) sur une fausse bonne idée.

Non, baisser la CSG sur le SMIC pour faire semblant d’augmenter les salaires et tenter une relance par la consommation n’est pas une bonne idée !

C’est même dans le direct prolongement des politiques ratées et dispendieuses menées depuis que Sarkozy a commencé à exonérer de cotisations les bas salaires.
Entre CICE pérennisé, baisses de cotisations et autres, l’Etat consacre déjà 100 milliards à cette politique absurde. Tous les rapports s’empilent : les effets sont indécelables.

Pire : en subventionnant les bas salaires, les élites politiques transforment notre économie en une économie de services à bas salaires.

L’une des pires erreurs, l’une des plus impardonnables faute morale des élites politiques depuis l’élection de Sarkozy (je ne remonte pas plus loin parce que ce quinquennat là correspond aussi à la montée d’une nouvelle génération politique, dont Macron), c’est d’avoir sacrifié les générations nombreuses de jeunes entre 2007 et 2025.

Mon seulement l’éducation nationale a été maltraitée, non seulement l’arrivée de générations d’actifs nombreuses n’a jamais été thématisée, mais en plus, les secteurs d’activité à forte productivité et très bons salaires ont été mis à l’amende.

Toutes ces politiques de subventions du SMIC ont été des incitations à la désindustrialisation !

De plus, prendre cette méthode, c’est trahir les principes de la démocratie sociale.

Nous avons besoin des moyens financiers de cette fausse bonne idée pour soutenir la production dans toutes ses composantes.
Car les emplois de la production sont mieux payés que ceux du service.

De plus, nous avons besoin d’une revalorisation de l’éducation nationale.
J’ai entendu que le taux de réussite au bac est de 96%.
Quel mensonge à nous même de la part des ministres macronistes de l’éducation nationale !

L’apprentissage a été revalorisé, mais dans le secteur des services, on n’en a pas tant besoin ! C’est la principale cause de l’effondrement de notre productivité horaire.

Le budget proposé prend les bonnes réorientations.

Il reste malheureusement prisonnier sur les salaires d’une lecture de l’offre, et d’une vision misérabiliste du marché du travail et de l’avenir de notre économie, quant à la question du pouvoir d’achat.

En subventionnant les smics, nous nous rappetissons.

Ce sont les emplois de techniciens, à 2 fois, 3 fois le SMIC, que nous devons soutenir, développer et multiplier en nombre.

Mathieu Pouydesseau

Sources et échanges tirés et inspirés du Festival des idées à La Charité-sur-Loire et Guillaume Duval Perso

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