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Le libéralisme français ne sait pas compter

L’IFRAP ne sait pas compter.
C’est hallucinant.

Dans une note récente, l’Ifrap, un faux institut créé pour donner une justification aux ménages rémunérés de Agnes Molinier Verdie dans la presse, et un tremplin pour la promotion de ses livres et ses séminaires payants, a prétendu que si la France « appliquait » les paramètres du travail allemand (ah, la passion de la bourgeoisie française pour l’occupation) elle accumulerait 7 milliards d’heures travaillées par an, et donc, réglerait tous ses problèmes budgétaires et économiques…

Mais voilà.

D’abord, les statistiques sont là: en heures effectives, les allemands travaillent moins que les français.
C’est vrai pour quasiment toutes les catégories d’emploi. L’Ifrap pense que les fonctionnaires allemands travaillent plus que les français, mais se trompe sur le nombre de jours fériés.
Mais l’Ifrap pense que si la même proportion de français travaillaient que celle des allemands, on aurait ce gain formidable.
C’est à dire : il faut augmenter le temps de travail des fonctionnaires, augmenter le taux d’activité des moins de 25 ans et des plus de 55 ans.
Il faut, bien sûr, repousser l’âge de la retraite à 65 ans.

Mais voilà : il y a plein de catégories où les Francis travaillent plus que les allemands. En appliquant les paramètres allemands, il devrait y avoir des baisses du volume d’heures dans ces catégories.

L’Ifrap a considéré que le bilan était nul. L’Ifrap est nul.

Plus grave : le conseil d’analyse économique, censé être un groupe de sages conseillant le gouvernement hors de toute idéologie (c’est à dire en ayant une composition homogène en choix idéologiques de sciences économique) a repris la même manière de calculer.
La ministre du travail censée être de l’aile gauche du macronisme, madame la veuve Bouvier, du coup épargnée par de nombreux anciens amis de son mari, en arrive à une conclusion plus droitière qu’un bataillon de soldats remontant le faubourg du temple en massacrant hommes, femmes et enfants en juin 1848 : les français sont des fainéants responsables de leurs pertes de pouvoir d’achat qui devraient être mis en esclavage.
Le CAE comme madame Panosyan font les mêmes erreurs de calcul que l’Ifrap.

Un institut de statistiques européen a fait le calcul des heures réelles travaillées en tentant de normaliser les calculs pour pouvoir comparer les situations.
Comment en effet calculer les temps de travail effectif si par exemple le calcul ne prends pas en compte que la Bavière, une région fortement exportatrice d’Europe, a 6 jours fériés de plus que la France, et une interdiction absolue de travailler le dimanche ?

La comparaison est claire : la France travaille plus que l’Allemagne.

Et ce n’est pas tout : le CAE est obligé de le reconnaître : la France est beaucoup plus productive que l’Allemagne.
Ca ne sert à rien d’augmenter les nombres d’heures si on produit la même quantité à la fin.
Et bien la France compense son manque d’heures effectives (les heures des plus de 60 ans) en produisant beaucoup plus que l’Allemagne par heure travaillée.
C’est à dire que le problème de compétitivité, de croissance, de financement public n’est pas lié au stock d’heures de production.

Le problème, c’est que depuis 25 ans on assiste à un racket des travailleurs français dans des proportions plus importantes qu’en Allemagne.
Le taux de rémunération du capital a explosé en France, et la base d’imposition de la rémunération du capital a été profondément réduite.

C’est cela, la cause des recettes qui manquent, et des problèmes budgétaires.

Le capital français a un coût exorbitant, poussant tous les coûts sociaux sur le seul travail, tout en refusant même d’investir dans le pays.

C’est que que ces « bonnes âmes » tentent de dissimuler, pour accuser les français d’être des fainéants, des sans dents, des moins que rien, des moins que des humains, qu’il faut mettre en esclavage.

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