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Réveillons nous !

Statue de la Liberté, New York

Pusillanime.
Le discours de madame Slotkin, sénatrice démocrate du Michigan appartenant à l’aile modérée, celle qui a perdu deux fois avec Clinton et Harris face à Trump, face au discours de la Nation du président américain, était pusillanime.

Je rappelle la définition du pusillanime:
« Qui manque d’audace, de courage. Synonymes : craintif – irrésolu – peureux – pleutre – timide – timoré. Contraires : audacieux – décidé – entreprenant ».

Elle a par exemple légitimé l’effort de Musk de destruction de l’Etat, critiquant la méthode, et non le principe.

Elle n’a pas parlé de coup d’état, d’inconstitutionnalité, de putsch, de transformation de la République en oligarchie.

Elle s’en est prise bien sûr aux politiques économiques. La conjoncture économique s’effondre. On pourrait passer d’une prévision de 2% de croissance au premier trimestre à une récession de -3%.
Elle a bien sûr dénoncé l’absence de mesures contre l’inflation et la hausse du coût de la vie – sans rappeler que l’erreur de l’administration Biden fut de laisser s’éteindre les mesures de soutien des classes populaires suite au COVID sans créer de nouveaux instruments face à l’inflation.
Elle a critiqué évidemment la politique protectionniste : les Etats Unis bénéficient du libre échange.
Profitant de leur position financière, ils peuvent se permettre d’accumuler de la dette privee pour financer des déficits commerciaux et de la dette publique en conséquence. La demande américaine absorbe la surproduction d’autres régions du monde et contribue à sa prospérité. Trump sait d’ailleurs cela.

Mais il faut bien qu’il finance l’accélération de l’accumulation du capital par un petit groupe de milliardaires rêvant d’une économie de monopoles.
Les Etats Unis avaient d’ailleurs fait face à une crise analogue – avec un président tenté par l’idée d’un putsch pour imposer la domination des capitalistes monopolistiques du temps, les « Trust » – au début des années 1900.
La crise financière de 1905-1907 – qui est l’une des causes de la guerre en 1914 – entraîna un changement de politique, et les premières lois anti trust.

Ce processus d’accumulation, madame Slotkin ne peut pas se résoudre à le critiquer. Les Clinton et leur fondation progressiste ont supprimé du vocabulaire du centre gauche la réflexion critique sur le capitalisme. C’est une erreur lourde qui a plombé également en Europe les social démocraties.

Je demande à mes amis réformistes : alors, on reste sur « l’accompagnement culturel et social » du néo capitalisme à la Musk ?

Il y a une semaine, Trump s’en est pris au conseil d’administration de Apple.
Celui-ci considère que la gouvernance interne, et la culture de la diversité, est bénéfique à l’entreprise comme à la société.
J’ai déjà raconté mon interprétation de la crise qu’a traversé mon ancien employeur, le groupe Salesforce, entre 2022 et 2024.
Un groupe de fonds vautour a été invité par des dirigeants de Salesforce ayant à un moment été en contact avec l’aventure PayPal pour renverser le fondateur, Benioff, et la culture d’entreprise, jugée l’une des plus progressiste de l’informatique.
PayPal, c’est aussi l’origine de Musk, et d’un groupe de capitalistes idéologues, avec Peter Thiel et d’autres, défendant une vision extrêmement pessimiste de la société et extrêmement misanthrope de l’humanité. S’y ajoute une incapacité à dépasser leur condition humaine – la mortalité – avec de grands rêves de transhumanisme où la richesse abolit la faucheuse.
L’offensive était autant capitalistique qu’ideologique. Benioff eut l’intuition de virer les cadres à l’origine de cette irruption, de réorienter toute la stratégie produit sur l’intelligence artificielle deux mois avant ChatGPT, et put négocier un armistice, sauvant l’essentiel de la culture d’entreprise et sa tête au prix d’objectifs de rentabilité très élevés.

Les patrons de Méta et Amazon ont été ravis d’abandonner les faux semblants de diversité de leur gouvernance.

Trump et Musk veulent éliminer le progressisme du capitalisme moral américain.

En Europe aussi on a des extrémistes : le patron de Telekom souhaite un DOGE européen a la Musk.
Il a été incapable de construire un groupe européen d’infrastructures en nuage.
Une essayiste française se répands partout en proclamant la nocivité de la « gouvernance ». Je suis membre de l’Institut français des administrateurs, rassemblant des milliers de membres de conseil d’administration : nous pensons exactement l’inverse de ce qu’elle professe.
Mais elle a droit à la télévision, l’exposition médiatique, la diffusion de son torchon de livre.

Les Bouzou, les Molinié Verdier, représentent les stades ultimes des larves parasites. Mais contrairement à leurs espoirs, ce ne sont pas des futurs chrysalides de papillons colorés. Ce sont des vers poussant leur hôte à se faire manger.

Face à cette offensive, et je rappelle que je suis un chef d’entreprise, pas un idéologue gauchiste, que je dirige mon activité en profession libérale et non en salarié, je ne crois pas à la modération.

Réveillez vous !

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