Chronique Libre de l’Humanité

Chroniques de la semaine du 18 mars

17 mars :

Il paraît que certains pleurent cette semaine la mort de Louis IX, plus tard canonisé.

C’est quand même lui qui envoya les troupes royales en Ariège pour y brûler deux cents chrétiens pas catholiques, et mettre à feu et à sang les territoires cathares.

Bûcher d’hérétique à Paris

Il expulsa aussi les juifs de France, selon une tradition initiée par Dagobert en 632, poursuivie jusqu’après même l’expulsion de 1394, et finalement seulement interrompue par la Révolution.

L’ancien régime monarchiste a été dès ses débuts antisémite.

D’ailleurs, dans les synagogues hassidiques du Marais à Paris, tous les samedi matin, une prière épouse la mélodie de la Marseillaise. La Nation universaliste protège aussi les juifs.

JO :

Vu que je boycotte l’organisation fasciste et corrompue avec qui la maire de Paris a voulu se compromettre, je m’en fous des polémiques absurdes sur qui ouvrira la célébration du dopage, du blanchiment et de la corruption comme valeurs éternelles de la classe supérieure.

En plus, je ne connais qu’un seul Nakamura : Hikaru, membre du top mondial des joueurs d’échecs.

Blanc joue et gagne

Suite Nakamura

Je me suis moqué de la polémique absurde sur une chanteuse française que je ne connais pas en faisant référence à l’un des joueurs d’échecs américains les plus intéressant à suivre actuellement, le Grand Maître et membre du top 10 mondial Nakamura.
Oui, je joue aux échecs.
On n’analyse pas les blitz mais ici je vous montre juste une leçon de résilience.
Dans le premier diagramme, j’ai les noirs, j’ai cru avoir gaffé. Après le coup des blancs, attaquant mon fou et ma dame, je dois accepter une perte matérielle.


Je me suis décidé pour perdre la dame, mais récupérer des pièces légères à sa place.
Avec la paire de fous et mon cavalier, j’ai suffisamment généré de contre jeu pour pousser mon adversaire à la faute. Il a semblé, ayant une dame en plus, penser que la position se gagnait toute seule, et cessé d’avoir un plan. Le mien, c’était bloquer ses pions passés puis générer une attaque contre le roi.
Dans le second diagramme, il panique et me rends une qualité avec Tour e3.

Les blancs vont jouer Tour en e3. Je vais prendre avec le fou.


Dans le troisième diagramme, il a réussi à activer son point fort : son pion passé ne peut plus être empêché d’aller se transformer en dame.

Le pion a6 a un boulevard pour aller se transformer en dame


Sauf que : je vais mater avant. Son roi est en effet dans une position permettant de préparer un réseau de mat en avançant mes pions.
La position finale, c’est mat au coup suivant.

C’est ainsi que je vois les Européennes, et 2027 : on nous vends des boulevards – le RN à une dame d’avance, LFI veut pousser son pion passé pour en faire un roi, et Macron n’a plus de plan – mais on peut résister, et même sans le pouvoir médiatique d’une dame, gagner.
Sauvons la démocratie sociale, et jetons aux orties les trois acteurs de 2017 et 2022.

19 mars

Boxe: Macron est fasciné par Poutine, et cela est très inquiétant.
Rappelons qu’après avoir maintenu les grands événements sportifs en Russie après le début de la guerre en Ukraine en 2014, Macron s’est ridiculisé devant Poutine à l’occasion de la coupe du monde de football 2018.


Le dernier coup de communication du président français est pathétique. Mais s’il s’inspire des coups de Com du président russe, cela augure de biens sombres heures pour la démocratie française.

Arménie :

Madame Loiseau, ancienne ministre, députée européenne au sein de la coalition Renaissance du parti d’Edouard Philippe Horizons, ne supporte pas qu’on lui mette le nez dans ses œuvres.
Au parlement européen, elle a toujours voté les textes et les accords avec le dictateur de l’Azerbaïdjan, remplaçant le gaz naturel russe par du gaz naturel azéri, sans progresser d’un centimètre sur le plan du respect du droit international et de la morale.
Car Aliev, « le grand démocrate » d’après madame von der Leyen que Macron supporte, est engagé depuis des années dans une guerre d’agression criminelle, avec des crimes de guerre documentés, des actes de tortures et des meurtres abominables, contre l’Armenie et les armeniens.

Il y a quelques jours, Leon Léon Deffontaines lui a rappelé qu’elle avait voté contre l’amendement déposé par Emmanuel Maurel visant à dénoncer l’accord gazier en question.


Elle a nié, menti, et devenue agressive.
Avec le compte Twitter de la Gauche Républicaine & Socialiste de l’étranger, nous l’avons tenue responsable de ses votes, et dénoncé son hypocrisie, alors que tous les députés Renaissance ont tous voté pour l’Azerbaïdjan et contre l’Armenie.
Alors que les élus Renaissance en France font toutes les réunions des communautés arméniennes pour célébrer la pantheonisation du couple Manouchian, il y a là une tartufferie intolérable.
Renaissance, comme Horizons, aiment les arméniens … morts.

Et bien elle a fait suspendre le compte Twitter en question.

La Tribune de mon parti

Gaza, et la guerre selon les démocraties

Le 2 juin 1967, de Gaulle décidait d’un embargo sur les ventes d’armes françaises à Israël, après que la France, depuis le milieu des années 1950 jusqu’en 1967, ait été l’un des principaux fournisseurs de Tsahal.
Amx13, Mirage 3, Fouga Magister, missiles, tout ce que la technologie française développe dans les années 60 est testé en zone de guerre par Israël.
Ce revirement stratégique est la conséquence de l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza par Israël suite à la guerre de 1967, Gaza étant auparavant sous occupation égyptienne. L’Égypte avait décidé de ne pas accorder de citoyenneté égyptienne aux gazaouis entre 1949 et 1967.

De Gaulle avait notamment justifié l’embargo avec cet argument « pour les français, celui qui attaque le premier est l’agresseur. »

Le 7 octobre, l’organisation terroriste islamiste Hamas a attaqué le premier et est de facto l’agresseur. L’offensive militaire israélienne qui maintenant se poursuit depuis presque six mois n’a permis ni d’anéantir le Hamas, 13 000 de ses combattants auraient été tues pour un effectif estimé à 30 000 en 2023, ni de libérer les otages israéliens – sur les 253 otages emportés le 7 octobre, seulement 5 ont été libérés par des actions militaires de Tsahal, deux ont été tués au moment d’être libérés par des militaires israéliens, et 106 libérés au cours de trêves négociées avec le Hamas. 101 otages seraient encore vivants aux mains du Hamas. On estime à 30 le nombre de corps d’otages non récupérés par Israël.
Les morts civils à Gaza depuis le début de l’offensive dépassent par un facteur supérieur à 20 le nombre de victimes civiles du 7 octobre.
En moyenne, Israël tue 2 civils pour chaque combattant du Hamas.
Depuis le début des offensives à Gaza, il est mort autant de soldats israéliens qu’il y eut d’otages emportés : plus de 250 – dit autrement, le Hamas perds 50 combattants par soldat israélien tué.
D’après les différentes sources statistiques, on compte en effet au minimum 20 000 morts civils à Gaza du fait des combats – 1 gazaoui sur cent – la mortalité cependant augmente aussi du fait des conditions sanitaires et de la faim.
La question que pose les règles internationales de la guerre est la suivante : dans quelle mesure Israël respecte les 5 règles de la guerre, et notamment, la proportionnalité et la protection des populations civiles?
Le Hamas est une organisation criminelle : on sait qu’il ne s’y tiendra pas, même pas vis à vis du peuple palestinien qu’il prétends représenter, alors qu’il l’opprime et exploite depuis 17 ans.
Rappelons qu’à des élections en 2006 marquées par la violence, et l’intimidation contre ses opposants, le Hamas n’avait obtenu que 42% des inscrits. Il n’a jamais été majoritaire, mais s’est imposé par la force violente. Des centaines de militants opposés au Hamas ont été assassinés à Gaza.

Mais Israël est une démocratie libérale, représentante des valeurs et des principes de l’état de droit dans la région. Mener la guerre d’une manière criminelle, protéger les colons criminels en Cisjordanie, c’est dire que les règles de l’état de droit ne sont pas universelles. Non, on n’a pas pour Israël le même niveau d’exigence que pour le Hamas : qui souhaite être mesuré avec un groupement terroriste intégriste criminel avec son propre peuple?

C’est la négation même du principe à l’origine de la création d’Israel que de penser que la vieille loi akkadienne, écrite 1000 ans avant l’apparition du peuple juif, d’œil pour œil, dent pour dent, s’appliquerait. Les tablettes cunéiformes comme les textes de l’ancien testament sont pleins de témoignages de ce que cela signifie dans la conduite de la guerre : le genocide de l’adversaire.

Bien sûr, le gouvernement Nethanyahu est le pire de l’histoire d’Israël. En pleine guerre, ses opposants continuent de manifester par dizaine de milliers, rejoints par les familles des otages qui ont compris que ce gouvernement ne cherchait pas réellement à les sauver. Ce gouvernement a de lui-même donner des arguments aux États l’attaquant devant la cour de justice internationale en faisant évaluer l’hypothèse d’une expulsion des gazaouis vers l’Afrique.

Dès lors, la question se pose quand La Défense légitime devient une agression condamnable.
Le gouvernement américain le dit depuis deux semaines : ce moment est arrivé.

Notons le : l’offensive du Hamas a eu lieu au moment où la Russie cherchait à soulager la pression ukrainienne. Depuis, les livraisons d’armes et munitions occidentales se partagent, et l’Ukraine, privée d’obus, se retrouve dans une telle position de pression sur le front, que le président français en arrive à imaginer envoyer un contingent de troupes françaises sur le terrain.
Ce n’est pas ce que l’Ukraine demande, ce n’est pas ce que l’état major ukrainien souhaite. Une telle mesure serait d’une trop grande complexité opérationnelle, déjà, et d’un intérêt militaire limité.
La France fait cette proposition parce qu’elle est, comme le reste de l’Europe, très en retard dans la livraison des munitions et matériels promis.
Elle veut dissimuler à coup de traités de défense – des bouts de papier – l’ampleur de ses retards matériels et financiers.

Et oui, il y a une relation entre les deux conflits.

Les partisans de l’Ukraine et d’Israel en même temps demandent à nos capacités logistiques un effort impossible.
De plus, les mêmes sont favorables aux annonces de coupures budgétaires d’envergure, qui vont aggraver la récession, réduisant les recettes fiscales, et aggravant le déficit public. Or, leur obsession de la dette est en contradiction directe avec leur souhait de soutien militaire aux deux conflits en cours.

Et c’est bien ici le symptôme de notre époque : la complexité du monde dépasse de loin les capacités cognitives de dirigeants choisis pour leur simplifications rhétoriques et leurs manipulations campistes des opinions.

Ajout : les byzantineries du conseil de sécurité de l’ONU:

Cessez-le-feu à Gaza : la résolution américaine rejetée après un veto russe et chinois

21 Mars

Moscou

Terrible Attentat islamiste à Moscou.
Solidarité avec les victimes et le peuple russe.

De nombreux signes s’accumulaient, mais les services secrets russes avaient fait l’impasse, obnubilés par la chasse aux opposants et la guerre contre l’Ukraine. Leur impreparation rappelle celle des forces de sécurité israéliennes, prévenues début octobre mais refusant d’y croire, Netanyahou pensant à sa réforme de la justice et aux colonies en Cisjordanie, persuadé d’avoir avec le Hamas un allié objectif.

22 mars

Moscou suite :

Le complotisme délirant aimerait qu’il n’y ait que deux grands blocs, le Sud contre le Nord, et les libéraux, les humanistes, les gauchistes seraient les traitres à leur cause, qu’ils soient au Sud ou au Nord, et condamnés à être massacrés comme apostats (au Sud) ou wokes (au Nord).
Dans cette lecture, il y a des forces du mal opposées mais pourtant unies par des liens plus forts que leurs oppositions, dont on ne comprends pas le jeu d’ailleurs, car le complotisme aime le mystère.

L’attentat terroriste abominable de Moscou la nuit dernière a fait plus de 80 morts, civils innocents confirmés. Tout dans le mode opératoire rappelle le Bataclan : un concert de rock d’un groupe plutôt original, au public plutôt bon enfant, à Moscou familial. On voit des enfants courir sur certaines vidéos pour échapper aux tueurs. Le choix du vendredi n’est pas un hasard. De nombreux attentats ou tentatives d’attaques, comme en 2015, contre les cibles habituels de l’état islamique – les autres groupes islamistes concurrents, les chiites, Israël, les états séculiers permettant le droit au blasphème comme liberté d’expression, etc.. – sont planifiés en bloc.
L’Etat islamique est aussi connu pour mener des campagnes d’attentats pendant le ramadan.
En 2024, ISIS est sous pression : au delà des défaites militaires essuyées dans de nombreuses régions, au delà de la pression accrue des russes sur leurs bases aériennes africaines, la guerre d’Israel à Gaza remets en selle le Hamas qui est d’inspiration théologique concurrente au sein de lislamisme sunnite, et qui s’allie aux hérétiques, du point de vue de Daesh, chiites iraniens, ou localement au Hisbollah. Daesh a toujours considéré le Hamas comme « apostat », un crime qui ne connaît qu’une seule sanction: la mort de l’apostat.
Le wahabisme et le salafisme des frères musulmans sont concurrents, et non dans le même camp. Le wahabisme rejette la tradition pluraliste de la religion musulmane, pour présenter une lecture littérale et monolithique, et considère donc tout musulman non adepte comme un hérétique en puissance, à peine mieux qu’un incroyant.

En 2015, des attentats de Daesh avaient visés des juifs en France, un avion civil plein de touristes russes au dessus de l’Egypte, des shiites, des sunnites d’autres obédiences, et une salle de concert, des bars, un stade de football.
En 2024, il y a eu un attentat de Daesh à l’occasion des obsèques d’un général iranien considéré comme le plus populaire du régime shiite, des tentatives d’attentats déjoués en Russie et en Europe, et des attentats en Afghanistan.

En effet, Daesh, dont l’un des dirigeants syrien a été tué il y a un an par une frappe turque, les bases arrières détruites par la coalition anti Daesh comme par l’alliance russo-syrienne visant à détruire l’opposition de ce pays, religieuse ou séculière, se reconstitue en Afghanistan. La branche locale conserve à la fois une forte haine des États Unis, qui a été vaincu après le désastre de Kaboul 2021, de la Russie, battue ici en 1989 et dont Daesh veut se venger suite aux opérations en Syrie et aussi suite à la guerre en Tchétchénie, des chiites et des frères musulmans, à « l’honneur » des islamistes depuis l’attaque criminelle terroriste du 7 octobre et la réponse, stupide par son manque de proportionnalité et fabricant des milliers de « martyrs » civils de l’extrême droite israélienne alliée à Nethanyahu, ou encore des Houthis, chiites, menaçant le trafic globalisé avec leurs atttaques de drone en mer rouge.

Il est donc prévisible de s’attendre à une action de Daesh voulant mettre du chaos, mais aussi reprendre les feux de l’actualité.
D’ailleurs, il n’y a pas que les États Unis à avoir prévenu d’un risque accru en direction de la Russie.
La Russie s’est rendue vulnérable : en ouvrant la voie bielorusse pour créer un chantage aux migrants aux frontières de l’Union Européenne à l’occasion d’un conflit avec Angela Merkel, la Russie a créé un appel d’air pour des groupes terroristes qui semblent s’y être installés en base arrière. Le régime de Lukatschenko était tellement occupé à reprendre le contrôle du pays puis à chercher d’éventuels espions ukrainiens que les actions d’autres groupes potentiels pouvaient passsef sous le radar.
En Russie même, le calendrier était trop plein de belles promesses pour que la direction politique accepte un déraillement quelconque. Les menaces d’un attentat islamiste ont été écartés, la Russie croyant pouvoir faire s’effondrer bientôt le front ukrainien pour une conquête rapide d’Odessa, et pouvoir imposer une paix à ses termes, contrôlant toute la mer noire septentrionale. Devoir se disperser sur un autre sujet, alors que la partie suppose de cliver les positions pour imposer une paix de dernier recours avant la guerre nucléaire, non, Poutine n’en voulait pas. Il est probable d’ailleurs que son délire paranoïaque le faisait vraiment croire le 19 mars que les alertes – pourtant communiquées avec plus de détails de service à service par la voie idoine – étaient une manipulation américaine.

Les tenants du complotisme simpliste ont d’abord pensés avoir la parfaite excuse, façon Reichstag 1933, pour charger l’Ukraine d’un tel crime que la Russie puisse se déchaîner sur Kiev avec la même intensité que Tsahal à Gaza.
Mais les suspects, apparemment interceptés ce matin sur la route vers la Biélorussie, semblent bien être des Tadjiks, confirmant la piste de Daesh-K, la branche afghano-tadjik.
Alors on suppose qu’ils étaient en route vers l’Ukraine – la voiture de location portait une plaque biélorusse, et non ukrainienne, et non, on ne rentre pas en Ukraine par la route de Bryansk, c’est la route vers Minsk.
Alors on suppose que dans un état policier comme la Russie la réussite d’un tel commando ne peut avoir lieu que par une collusion de la CIA, du Mossad, des ukrainiens, pour permettre à Daesh d’opérer. Bientôt, les services secrets français serons sans doute ajoutés, puisque la voiture de location des terroristes étaient une Renault….

Medvedev est le premier à s’accrocher à l’hypothèse ukrainienne. Les Ukrainiens, tout aussi paranoïaques que les Russes, mais on comprends pourquoi, pensent eux que l’attentat est un chef d’œuvre du FSB sur le modèle des attentats de 1999 à Moscou. Mais il est évident que si le FSB avait prévu une telle opération, ils n’auraient pas laissé Poutine se ridiculiser en écartant une telle hypothèse trois jours avant.

Les complotistes de toute obédience, et on peut y ajouter un certain gauchisme ayant mal lu Marx et considérant le capitalisme comme un bloc bien organisé, cohérent, et suivant un plan implacable, sous estiment toujours deux facteurs essentiels de l’histoire humaine :

C’est ce qui peut aboutir à des catastrophes encore plus terrible, la stupidité alliée à la colère étant généralement une recette imparable pour des décisions désastreuses.
Et ceux qui m’ont déjà lu savent que la stupidité, ce n’est pas être idiot en soi. La stupidité consiste, même intelligent et avec une certaine sophistication dans l’accès aux données, à prendre les pires décisions possible, généralement par oubli cognitif d’un facteur essentiel, par cupidité, par idéologie, par théologie.
Le refus du pluralisme dans la définition des solutions est par exemple un excellent premier pas dans la marche vers la raison stupide.

Mais comme le disait Rocard, « toujours préférer l’hypothèse de la connerie à celle du complot ».
Notons que des comploteurs peuvent cumuler les deux caractéristiques.

Déficit français

Ce gouvernement est incompétent en France au regard même de sa propre idéologie.


Comment, alors que les recettes progressent avec l’inflation, que les coûts de l’énergie s’effondrent en cours d’année pour redevenir normaux, que la pression sur les salaires des fonctionnaires les maintiens bien en deçà de l’inflation, que la croissance est même légèrement mieux résistante qu’en Allemagne ou ailleurs, commment donc un gouvernement soi disant d’experts économiques peut-il prévoir 4,9% de déficit et finir à … 5,6%?

Le Maire avait refusé de confirmer ce chiffre devant l’assemblée nationale mardi.

Il sont incompétents au regard même de leur système de pensée.

Le budget n’était pas sincère, et c’est une faute non seulement morale, politique, c’est aussi illégal.
Dans toute démocratie encore en état de fonctionner le parlement renverrait ce beau mode par une motion de censure à la maison.
Mais l’assemblée nationale a peur d’une dissolution, irresponsable et narcissique, du chef de l’état, qui rappelle Deschanel avant les dialogues avec les canards du bassin des jardins de l’Elysee. Cette dissolution mènerait Marine Le Pen à Matignon.
L’autre option, dont Macron est incapable, serait de mener des négociations de coalition pour faire des compromis et associer les forces politiques qui ne lui doivent rien à l’exercice du pouvoir, pire, à influer sur les nominations.
L’entre soi magique institué en France depuis 7 ans en serait brisé.

5,6% et ils osent condamner leurs oppositions comme irresponsables. Ce sont des menteurs stupides.

Liberté de la presse et concentration industrielle : les leçons de Weimar et de la troisième république oubliées.

Notons que la commission parlementaire sur la TNT a surtout permis de comprendre que tant le CSA puis l’Arcom ne jouent pas leur rôle de régulation et ne font pas appliquer les lois de ce pays.
Pire : toutes les leçons des démocraties européennes ayant conduit à des règles spéciales quant aux concentrations des médias, le contrôle de la la vérité des faits, les chartes éthiques et déontologiques, sont allègrement jetées aux orties avec une passion destructrice depuis l’élection de Macron.

Or, les autorités administratives indépendantes ne sont jamais meilleures par elles mêmes que leurs présidents nommés. Et c’est bien la constitution qui a donné, malheureusement, nombre de ces nominations au privilège du président de la République.
On rappellera le scandale, jamais traité, de la collusion de l’alors sénateur Mezard, vice rapporteur de la commission d’enquête sur les autorités administratives en 2015 qui avait fait préciser par le conseil d’état comme par le président de la commission de contrôle du financement des campagnes politiques que jamais un président élu serait incriminé, une fois élu, pour des irrégularités de ses comptes de campagne, et de ce même président de l’autorité en question, opportunément augmenté de 50% par un amendement rédigé par Mezard début 2017.
Mezard était alors déjà l’un des conseillers occultes de Macron, devait devenir ministre puis … membre du conseil constitutionnel.

Macron s’est assuré que ces autorités administratives soient handicapées par des nominations dévouées. Comme ça, pas de contrôle, et des Bollore, des Draghi, des Saade s’emparent de la presse.
Même un Xavier Niel, pourtant pas un perdreau de l’année ni une oie blanche, s’en est ému devant la commission parlementaire.

Alors que Saade envoie un message clair aux rédactions de BFMTV en s’en prenant à la redaction du quotidien La Provence, pas touche au président, on ne peut que constater l’hypocrisie d’un pouvoir se réclamant libéral, mais ne supportant pas la liberté de la presse, ni son pluralisme, notamment dans ses propriétaires.

Suite à cette Une, Saade a ordonné le licenciement du rédacteur en chef, entraînant une grève des journalistes du quotidien marseillais et ceux de La Tribune, autre propriété de Saade.

La crise de la presse en France, et le succès des médias complotistes, des récits « alternatifs », est aussi le résultat d’une telle concentration industrielle.
La crise de la démocratie, qui ne peut vivre sainement qu’avec une presse vivante, plurielle, et tenue à des règles déontologiques autant qu’à sa liberté d’enquête et de rédaction, en est aggravé.

Il n’y a rien de libéral dans ce pouvoir qui s’en réclame.
C’est un pouvoir médiocre, mesquin, mercantile, servant des intérêts bien bas, matériels, cupides.

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