Chronique Libre de l’Humanité

Les hypocrisies et leçons du week-end

Quelle hypocrisie…
Macron a choisi, en 2019, contre l’avis des autres européens, et contre les institutions et le principe de tête de liste européenne aux élections du parlement, Ursula von der Leyen comme présidente de la commission.
La ministre de La Défense de Merkel est l’une des principales responsables de l’état désastreux de l’appareil de défense allemand et de l’industrie de défense européenne. Elle fut d’ailleurs extirpée du gouvernement avec soulagement : un scandale se développait sur son attribution de près d’un milliard du budget de La Défense à des cabinets de consultants sans appel d’offre ou contrôle budgétaire.
Macron a lancé avec grande pompe la pantheonisation du résistant communiste et d’origine arménienne Manouchian.

Il a aussi confirmé von der Leyen comme sa candidate souhaitée pour un second mandat. Elle fut d’ailleurs l’invitée d’honneur du parti du président, Renaissance, à ses journées de rentrée.
Von der Leyen, au nom du désespoir des industriels allemands privés de gaz russe , a négociée et conclue un certain nombre d’accords gaziers, d’investissements technologiques, et d’intégration politique avec l’autoritaire président de l’Azerbaidjan Alyev, alors que celui-ci mène une guerre d’agression aussi criminelle et brutale que Poutine en Arménie.

Elle reprends, dans son communiqué de presse à Bakou, où elle est toute souriante pendant que les vidéos des tortures infligées à de soldats féminins arméniens circulent depuis des semaines, l’idée de Merkel du “changement par le commerce”, idée qui a échoué en Iran, en Chine, en Russie, en Afrique, et laisse l’Europe vulnérable, idiote du libre échange international.

Renaissance et l’alliance libérale Renew est prête à toutes les hypocrisies pour construire l’Europe des oligarques. Von der Leyen en est la preuve.

Je veux une autre Europe, un autre monde, briser ce qui semble être le destin inéluctable de revivre le passé.
Je vote pour la liste de la Gauche Républicaine & Socialiste, Reprenons la main, avec Emmanuel Maurel
les radicaux de gauche, l’engagement, le MRC, des syndicalistes, et comme tête de liste, un militant du Parti communiste, Léon Deffontaines

La maladie, ancienne, de la société allemande

Il y a 6 ans, les militants du #SPD votaient (à une courte majorité) pour le contrat de coalition prolongeant Merkel.
Je vous demande de comparer deux images.


En haut, la situation en 2018. L’extrême droite était déjà à 15%, le SPD était déjà très faible. Les Linke cependant faisaient 11%.
Pour rappel, aux élections de 2021 les Linke sont tombés à 4,7%.
En bas, le sondage d’hier. L’extrême droite progresse sur le dos de la droite et des centristes libéraux, la weimarisation se poursuit avec entre droite et AfD les “Freie Wähler” dont le président membre de l’exécutif bavarois, était négationniste dans les années 80-90.
BSW+Linke reconstitue bien le potentiel des Linke de 2018. C’est bien la preuve de l’échec de la stratégie des communautés (ou la stratégie Indoumise actuelle pour comparer avec la France.) et la justesse de la stratégie de Wagenknecht, qui retrouve les déçus des Linke.

Le rebond du SPD en 2021 était dû à la médiocrité du candidat de la CDU. En mettant Scholz, le SPD se condamnait à replonger. La ligne, gauchie entre 2019 et 2021, ne peut être défendue par un chancelier issu de l’aile la plus à droite du parti, sans qualité de commandement, empêtré dans des affaires et des conflits d’intérêts, et, alors que c’était un maire réputé „francophile“, en guerre ouverte avec Macron.
Scholz était favorable à la grande coalition en 2018, il devint même vice chancelier de Merkel, ami des contrats gaziers avec la Russie, et supportant les foucades populistes complaisantes aux antisemites allemands de Seehofer et Maaßen.

Scholz n’a rien dit, l’été 2018, sur les émeutes de Chemnitz où les foules neofascistes detruisent un restaurant israélien au cri de „les porcs de juifs dehors!“
Car en 2018, l‘antisemitisme allemand renaissait avec vigueur. En 2019, un attentat vise une synagogue, et fait deux morts.

La synagogue de Halle après l’attentat antisemite de 2019

Non, ce n’est ni la crise du Covid, ni le complotisme, ni les images de Gaza, ni la guerre en Ukraine, ni la crise inflationniste qui ont rendu la société allemande malade.
Elle l’était déjà il y a 6 ans, mais les cercles de raison se bouchaient les oreilles.

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